Elyane's profileChroniques de mon très q...PhotosBlogLists Tools Help

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    12/25/2007

    Feeling like a turd actually, and yourself?

    Ce n'était pas mon premier choix d'être toute seule ici ce soir.  Il y avait en fait plusieurs autres options, toutes moins envisageables les unes que les autres.  Mon scénario préféré impliquait des billets d'avion pour Vancouver.  Ou Buenos Aires.  Ou Hanoi, tiens, pourquoi pas.  Je me serais probablement contentée de Québec ou la Beauce.  Mais je me suis retrouvée à Rosemère.
     
    Mon deuxième scénario préféré impliquait un complice quelconque.  Quelqu'un à qui parler une fois noyée dans la foule familiale.  Quelqu'un pour me voir au milieu du chaos.  Quelqu'un qui me regarderait en riant quand j'ai refusé les bouchées au fromage de chèvre, parce que personne d'autre ne saurait que moi, j'hais ça le fromage de chèvre, mais que j'aime ça, les drinks Cream soda et vodka.  Quelqu'un qui serait assis à côté de moi au repas, pour pas que je me retrouve assise à la table des enfants.  Mais j'ai disparu de la circulation depuis une demie-heure et personne n'est encore venu en mission de recherche. 
     
    Mon troisième scénario préféré pouvait sonner triste.  J'aurais pu rester chez moi et me coucher tôt.  J'aurais peut-être évité la petite crise de larmes de crocodile de tout à l'heure.  J'aurais pu m'éloigner du vortex familial qui m'épuise autant.  J'aurais pu récupérer de mes partys de fête successifs.  J'aurais bu un verre de vin et je me serais commandé du St-Hubert.  Mais si vous connaissez ma mère, vous savez que ce scénario est complètement farfelu.
     
    Mon quatrième scénario préféré était on-ne-peut-plus fantaisiste.  J'aurais pu me présenter comme une jeune femme en plein contrôle de ses moyens.  Sûre d'elle-même au point de passer par-dessus le fait de passer inaperçu.  J'aurais eu quelques anecdotes rafraîchissantes à servir à la galerie, je ne me serais pas formalisée si on ne les avait pas appréciées.  J'aurais pu aider à la cuisine, me rendre indispensable de sollicitude. 
     
    Mais voilà, je suis cette grosse chose maladroite et enrhumée, cachée dans la chambre d'amis avec un coeur un peu piétiné par ce que j'ai appris et ce que j'ai réalisé au cours des derniers jours.  C'est comme si, juste à la fin de l'année, j'avais fait table rase d'un gros gros paquet d'affaires.
     
    Ce n'est pas mon premier choix qu'on célèbre à chaque année, en décembre, le début d'un temps nouveau.  Mais je commence à me demander quels choix j'ai faits pour que, à chaque Noël, j'aie l'impression de retourner à zéro.
    12/22/2007

    White noise

    Comment est-ce qu'on remplit une première journée de vacances, quand ça fait 6 mois qu'on n'a pas pris le temps de prendre son temps?
     
    Je peux pas parler pour vous.  Moi, j'ai commencé la journée par dire au revoir à la squatteuse du moment.  Je suis ensuite retournée m'effouarer dans la grande papazanne double, avec l'équivalent de 8 oreillers et j'ai lu pour 3 heures sans grouiller.  À part pour replacer les oreillers, la douillette, ou dégourdir un bras enfourmillé.
     
    Ensuite, j'ai écouter un film sur Ciné-cadeau.  La Championne.  On ne se tannera jamais des toupets bouffants, des léotards glossy et de la mauvaise dentition des Roumains dans les années 80...  Début 90, peut-être...  J'en ai profité pour rajouter quelques rangs à mon foulard.  Peut-être, peut-être, que je vais le finir pendant les vacances...  Je promets rien.  Et anyway, je serai pas capable de le finir au complet, va falloir que maman fasse le dernier rang.
     
    Là j'hésite...  J'ai commencé le ménage, mais je pense que je vais aller me reposer un peu avant.  Étant donné que j'ai encore le nez bouché, je ne suis pas habilité à sentir que ma salle de bain schlingue, ou que la vaisselle sale que j'ai cachée dans le four quand j'ai dû faire entrer le concierge suite au nouveau dégât d'eau dans ma cuisine, est en train de produire sa propre culture de champignons...  Espérons seulement qu'ils soient comestibles, pour stocker mon frigo vide....
     
    J'ai fini hier de fêter mes 24 ans.  Oui, juste 24.  Pas 28, pas 26.  24.  Arrêtez de me vieillir prématurément, mes amis, je sais bien que vous êtes un peu plus, heu...  expérimentés de la vie que moi, mais non, j'ai juste 24 ans, et je les assume...  24 ans et 6 jours, en fait, mais c'est pas moi qui compte...
     
    En fait, non, c'est pas fini encore...  Le 9 décembre, j'ai fêté un peu en famille.  Le gâteau était mauvais.  Les discussions, elles, se sont révélées un peu plus intéressantes qu'à l'habitude.  Dommage qu'on n'ait pas eu le temps d'une bonne game de Pouilleux...  Le 15, mon fan club de Québec s'est réunis autour d'un bon repas et de beaucoup, BEAUCOUP de bouteilles de vin, et on a fêté un brin.  Discussions enrichissantes, oui, peut-être mais je dois avouer que le clou de la soirée a été le moment où j'ai "déballé" mon cadeau...  Varing-Kong, Pierre-Péteux, Marcel et Mathieu (ouin, t'es poche, t'as même pas de surnom) m'ont remis, enrobé dans un sac de la SAQ, un cadeau fantastique...  Je prépare d'ailleurs un montage de photos, à être publié ici sous peu...  C'était bien cool de vous revoir les amis.  Et d'être un peu plus nous-mêmes que la dernière fois, en octobre, avec vos vestons cravates et nos robes fancy...  Ça valait bien le stress de la 20 dans la tempête le lendemain...
    Hier soir, quelques amis ont bien voulu m'honorer de leur présence, dans un resto du Mile-End, éloigné de tout, surtout du métro...  La Sensala, que ça s'appelait.  C'était succulent, aux dires de tous.  Moi je goûtais rien, séquelles de mon rhume qui s'en va tranquillement.  Après, on a été au Syndrome, mais je suis partie tôt...  J'ai été malade en arrivant chez moi.  Sécrétions, overdose de bouffe, cocktails brésiliens louches, qui sait?  Revenue chez moi, j'ai déconstruit et reconstruit la réalité avec une Marie-Élaine semi-consciente sur mon divan... 
     
    Ce soir, j'irai souper avec Geneviève, Antoine et Simon, peut-être, si je suis chanceuse.  Demain matin, si Amélie me le confirme, on ira déjeuner copieusement au Steerburger, parce qu'on est kitch de même, nous deux, et qu'on aime bien manger nos crêpes au sirop de table avec les p'tits pickles salés du Steerburger. 
     
    Après, ma fête sera finie pour de bon.  Un anniversaire, ça arrive peut-être juste une fois par année, mais c'est pas une raison pour prendre ça à la légère.  En tous cas, pas quand on est moi pis qu'on se prend pas pour de la marde.  :) 
     
     
     
    12/8/2007

    De l'accès à la propriété.

    Est-ce que c'est encore un de mes coups de tête?
     
    Il y a quelques mois, j'avais été prendre les mesures pour un condo en construction.  Déjà, la configuration de l'appartement avait attiré mon attention...  Salon-cuisine-salle à manger à aire ouverte, terrasse intérieure, grandes fenêtres au salon et dans la chambre, garde-robe walk-through menant à la salle de bain...  Et l'emplacement était idéal: sur Beaubien, entre Christophe-Colomb et Papineau...  Pas trop loin du métro, dans un quartier dynamique, qui d'ici quelques années sera le nouveau Plateau... 
     
    J'y suis retournée hier faire les dernières vérifications.  Wow.  Les planchers de bois-franc, la salle de bain deluxe, la cuisine...  Wow.  En plus, le proprio est vraiment fin.  Et beau comme un Dieu.  Et à l'oeil, je lui donne 26 ans.  27 max. 
     
    Le condo de mes rêves est donc présentement sur le marché.  Le problème, c'est le timing...  Dans mon plan, je finissais de payer mon prêt étudiant dans 4 ans, je mettais de l'argent de côté pendant deux ans, puis je m'achetais un condo.  Si on additionne les 600 balles que me coûte présentement mon loyer aux 500 balles qui vont à rembourser mensuellement mes prêts étudiants, ça donne que je pourrais consacrer, dans le futur, plus de 1000$ par mois à un remboursement d'hypothèque...  Ce qui, m'a-t-on assurée, serait plus que raisonnable. 
     
    Est-ce que c'est un coup de tête?  Est-ce que je devrais faire un move tout de suite?  Mon boss m'a fait valoir que ça ne coûtait rien de demander maintenant quel genre de montant la banque me prêterait.  Et de me renseigner sur le prix demandé pour ledit condo.  Il m'a dit que je serais surprise.  Apparemment, il est beaucoup plus facile que je pense d'avoir accès à la propriété... 
     
    Mais j'ai peur, en même temps...   J'ai presque 24 ans...  Est-ce que c'est un peu jeune?  Mes parents avaient cet âge-là quand ils ont acheté leur première maison.  Mais ils n'avaient pas de dette de bière.  Par contre, ma mère avait un polichinelle dans le tiroir... 
     
    Mais la banque va-t-elle vraiment vouloir me prêter des sous?  Et puis qui est-ce qui peut bien m'expliquer toutes les implications que ça comporte, d'acheter un condo?  Et est-ce que je suis en conflit d'intérêt, puisque c'est moi va calculer le nombre de pieds carrés de l'appartement?  (Et si j'en parle, vous réalisez que ça veut dire que j'ai songé à le réduire pour faire baisser le prix du condo?)  Et je sais même pas changer un pneu, qu'est-ce que je fais si mon plafond commence à couler? 
     
    Est-ce que je suis vraiment rendue là?  Est-ce que je suis vraiment rendue à m'acheter un vrai chez moi?  God, j'ai même pas encore de lit double et mes divans sont horribles.  Est-ce que je suis vraiment rendue à disposer mes meubles entre des murs qui m'appartiendraient? 
     
    Nonon.  Je sais bien qu'il est trop tôt.  Je sais bien qu'il va y en avoir d'autres, que c'est pas le bon moment et que m'établir dans mes quartiers, ça compromettrait aussi mes projets de voyages.  (Et Dieu n'est pas le seul à savoir que des projets de voyage, j'en ai plusieurs...)  Et puis il y a aussi que...   Je sais que je suis une jeune femme moderne, émancipée pis toute le kit...  Je sais qu'acheter son logement seule, c'est comme un statement pour la femme d'aujourd'hui.  Mais tsé, me semble que c'est quelque chose qui se fait à deux, non?  Damn!  L'art de se mettre des bâtons dans ses propres roues... 
    12/7/2007

    Ça arrive rien qu'une fois par année...

    Hier soir, j'ai dévoré la fin d'un bon livre.  Tsé, le genre de livre qui te fait crier et t'exclamer à chaque rebondissement, un livre dont tu ne peux t'empêcher de lire à voix haute les dialogues particulièrement forts, un livre où à chaque chapitre, tu te dis: "Encore juste un autre..." Un livre, une journée...  A book a day keeps...  everybody away, I guess... 
     
    Je n'ai même pas regardé l'heure quand j'ai enfin refermé la quatrième de couverture, après avoir relu trois fois la dernière page, comme on passe un doigt au fond du sac de chips, pour être bien sûrs qu'on a tout savouré ce qui était savoureux.  Je me suis dit "Que le grand Cric me croque si je cogne des clous demain après-midi devant mon compute!"  J'ai lu pour mon bon plaisir.  Dans tes dents, grand Manitou.
     
    En plaçant mon livre sur la tablette au-dessus de mon lit, éteignant du même geste ma lampe de chevet, je me suis retrouvée dans un état de demi-sommeil/quart de délire/quart de faut-que-je-m'en-rappelle-pour-ploguer-ça-dans-mon-blogue-demain...  Je me suis mise à penser aux voix qui résonnent dans nos têtes quand on lit un livre.  Je suis sûre que vous voyez de quoi je parle...  Pour ma part, hier, j'ai contemplé mentalement mes tablettes remplies d'aventures d'héros disparates.  J'entendais des dizaines de jeunes femmes me raconter leurs histoires d'amour pleines d'espoir, l'une avec l'accent New Yorkais, une autre avec un accent Irlandais, et quelques autres avec l'accent british bien tassé...  J'entendais la voix caverneuse de Jean Valjean résonner quand les trois tomes des Misérables s'entrouvraient, j'entendais J.K. Rowling elle-même me réciter Harry Potter.  J'entendais Grand-mère, de Passe-Partout, me lire le Survenant (allez savoir pourquoi Germaine Guèvremont m'inspire Grand-Mère!), j'entendais des accents français qui faisaient encore de l'écho même si j'avais pas ouverts leurs livres depuis des mois, voire des années.  J'entendais Gérard Depardieu me monologuer Non, Merci!, Amélie Nothomb me mâcher son choix de vocabulaire peu vocable, Docteur Pangloss qui me répétait que tout était pour le mieux, Rodrigue qui avait du coeur.  Je n'entendais pas, par contre, Marcel Proust me raconter ses souvenirs.  J'imagine que c'est parce que j'ai jamais réussi, malgré toute ma volonté, à finir un seul des volumes de À la recherche du temps perdu.  Eh bien tant mieux, parce que hier soir, dans ma tête, dans ma chambre, c'était la cacophonie.  La totale.
     
    Je n'ai pas de véritable projet pendant les vacances.  J'entend simplement passer plusieurs journées horizontalisée, à passer au travers de la pile de livres qui tient sur la tablette au-dessus de mon lit.  Une douzaine d'histoires.  Une douzaine de jours de congé.  Faites le calcul.  Although a book a day, may not keep the psychologist away...
    12/1/2007

    Life is what happens when you're busy not updating your blog.

    Ouin, ben c'est ça. 
     
    Je suis fatiguée.  Je ne sais pas c'est quand la dernière fois que j'ai mangé un vrai souper un soir de semaine, pas juste de la sauce à spaghetti décongelée, du resto, ou de la livraison.  Je ne sais pas c'est quand la dernière nuit où j'ai dormi d'une traite, 8 heures en ligne.  Je ne me souviens pas du dernier matin où je suis sortie de chez moi arrangée, maquillée, cheveux en ordre et reposée.  Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai eu chaque pièce de mon appartement propre et rangée simultanément.  Je suis fatiguée.  Et dépassée.
     
    Est-ce que je peux vraiment me plaindre?  C'est bien ma faute si c'est comme ça...  Si je partais vraiment du bureau à 5h00 chaque soir, si ma job n'était pas aussi loin de chez moi, si je ne me levais pas à 5h30 chaque matin, si j'organisais mieux ma routine pour ne pas être rushée le matin, si je me ramassais à mesure...  Si je voyais un peu moins mes amis et délaissais un peu plus Internet...  Si je me forçais pour minimiser le temps perdu, si j'avais un char, si j'avais plus de prêts étudiants à payer.  Si je travaillais juste 35 heures par semaine, si, si, si...
     
    C'est vrai qu'on court toujours après le temps.  Tous les hippies de la Terre me diront que c'est un problème que je me crée...  Mais il reste quand même que je dois être en dehors de chez moi de 7h00 le matin à 7h00 le soir.  Et que tous ceux qui sont capables d'arrêter net de travailler quand sonne les 17 coups à l'horloge aillent paître...  Je suis pas capable de fermer un dossier de même.  Je dois soit le faire aboutir, pour mieux le fermer, soit frapper un noeud beaucoup plus gros que celui que j'essaie de défaire.  Là alors, seulement, j'empile tous les papiers et les glisse dans leur dossier, triés par code de couleur, je ferme mon compute et, en faisant la sourde oreille aux soupirs qui fusent parfois des nasaux de mes supérieurs, je met un terme à mes heures de bénévolat extra-horaire. 
     
    Des fois, j'ai des surprises qui m'attendent chez moi.  Des fois des factures gonflées parce que j'ai complètement oublié de les payer le mois d'avant, des fois des téléphones ou des courriels de gens dont je m'ennuie mais auxquels je n'ai pas le temps de répondre...  Des fois, comme jeudi passé, c'est de découvrir un demi-pouce d'eau sur mon plancher de salle de bain...  Deuxième dégât d'eau en deux ans...  Ça donne le goût de déménager...  (Y'a aussi le climat sub-tropical, contrôlé par mon charmant concierge, un Argentin au sang chaud qui, il faut croire, aime bien suer en plein hiver...) 
     
    Mais des fois, aussi, il y a rien pantoute qui m'attend.  Les minous de poussière ne remuent pas pour m'accueillir quand j'ouvre la porte, ils restent sagement dans leurs coins, cachés sous les meubles...  Je les comprend, ils ont besoin de leur intimité eux aussi...  Ma plante n'a pas eu besoin d'eau depuis longtemps, et elle s'obstine à survivre avec ses réserves.  Ce doit être le régime que je lui impose, à composter ses propres feuilles mortes, qui lui a fait comprendre que c'était dans l'intérêt de sa survie de ne jamais arrêter d'être belle. 
     
    Les vacances approchent pourtant!  Je vois bien la montagne qui m'attend d'ici là, les heures de fous que je vais devoir faire au bureau pour arriver à Noël en même temps que tout le monde, au travers des séances de magasinage forcé, et autres désagréments hivernaux.  Je vois aussi l'enchaînement de partys de fête, d'Orléans Express Québec/Montréal, de repas entre amis...  Dans 3 semaines, ça sera tout fini.  Dans 3 semaines, je vais (tenter de) dormir des nuits entières, aller voir dehors si j'y suis et lire chacun des 12 livres qui m'attendent sur ma tablette de chevet.  Pas de projets extravagants pour ces vacances-ci.  Juste de respirer par mes trous de nez.  De l'air frais si possible.  Peut-être ronfler un peu...  Même si je ronfle pas.  Je suis une fille, après tout.  Bon, je ronflotte peut-être un peu quand j'ai un verre dans le nez.  Mais ça compte pas...
     
    Hey je me sens poche.  Je sens que ce billet est poche.  Je m'excuse.